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Acompte freelance : combien demander et comment le facturer

Le meilleur moyen de ne pas courir après une facture, c'est d'avoir déjà été payé en partie avant de commencer. L'acompte est l'outil anti-impayé le plus simple qui existe, et pourtant beaucoup de freelances n'osent pas le demander, ou le demandent mal. Combien réclamer, comment le formuler sur le devis, comment le facturer : voici le mode d'emploi.

Pourquoi demander un acompte

Un acompte fait trois choses à la fois :

  • Il engage le client. Quelqu'un qui a déjà payé 30 % d'un projet a toutes les raisons d'aller au bout, et de payer le solde.
  • Il protège votre trésorerie. Vous ne financez plus seul des semaines de travail en attendant un paiement à 30 ou 60 jours.
  • Il filtre les mauvais payeurs. Un client qui refuse tout acompte sur un projet conséquent vous donne une information précieuse avant même de commencer.

Demander un acompte n'a rien d'agressif : c'est une pratique courante dans les métiers du service. Le client sérieux ne s'en offusque pas.

Combien demander ?

Il n'existe pas de règle légale : le montant se négocie librement. En pratique :

  • 30 % est le standard pour la plupart des prestations (développement, rédaction, conseil).
  • 50 % est courant pour les métiers créatifs, les nouveaux clients ou les petits budgets.
  • 100 % d'avance se justifie pour les petites commandes ponctuelles ou un premier travail avec un client inconnu.

Sur les missions longues, préférez une facturation par jalons (par exemple 30 % à la commande, 40 % à mi-parcours, 30 % à la livraison) ou une facturation mensuelle. Vous ne portez jamais plus d'un mois de travail non payé.

Acompte ou arrhes : ne pas confondre

Les deux mots ne veulent pas dire la même chose, et la différence compte en cas d'annulation :

  • L'acompte est un premier paiement sur un engagement ferme. Le client s'engage à payer la totalité ; il ne peut pas se désister simplement en abandonnant l'acompte.
  • Les arrhes permettent à chacun de se dédire : le client perd les arrhes versées, ou le prestataire qui annule doit les rembourser au double.

Attention avec un client particulier : sauf stipulation contraire, les sommes versées d'avance sont présumées être des arrhes (article L214-1 du Code de la consommation). Écrivez donc clairement « acompte » sur le devis.

Pour un freelance, c'est presque toujours le terme « acompte » qu'il faut écrire sur le devis. Un mot mal choisi peut transformer un engagement ferme en simple option.

Comment l'écrire sur le devis

Le devis signé est votre base contractuelle. Indiquez clairement :

  • le montant ou le pourcentage de l'acompte, et le fait que le travail démarre à sa réception ;
  • l'échéancier du solde (à la livraison, à 30 jours, par jalons) ;
  • ce qu'il advient de l'acompte en cas d'annulation par le client (par exemple : acquis au prestataire au titre du travail engagé) ;
  • pour les métiers créatifs, le fait que la livraison des fichiers finaux et la cession des droits interviennent au paiement complet.

Une formulation simple suffit : « Un acompte de 30 % du montant TTC est dû à la signature du présent devis. Les travaux débutent à réception de l'acompte. Le solde est payable à 30 jours à compter de la date de facture. »

Comment facturer un acompte

Entre professionnels, un acompte encaissé donne lieu à une facture d'acompte. Elle comporte les mêmes mentions qu'une facture classique (numéro, date, identité des parties, montant, mentions de TVA ou de franchise en base) et précise qu'il s'agit d'un acompte sur le devis ou la commande concernés.

À la fin de la prestation, vous émettez la facture finale pour le montant total, en déduisant l'acompte déjà versé (en rappelant le numéro de la facture d'acompte). Le client ne paie donc que le solde.

N'oubliez pas, sur chaque facture, les mentions liées aux retards : taux des pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Elles sont obligatoires entre professionnels, et c'est grâce à elles que vous pourrez réclamer ces sommes si le solde tarde. Pour les chiffrer, utilisez notre calculateur de pénalités de retard.

Et si le client refuse l'acompte ?

Tout dépend du client et du projet. Quelques réponses possibles :

  • Proposer un acompte plus faible (20 %) plutôt que de renoncer complètement.
  • Découper le projet en lots facturés au fur et à mesure.
  • Raccourcir l'échéance du solde (paiement à réception plutôt qu'à 30 jours).

Avec un grand compte dont la politique interne interdit les acomptes, la facturation par jalons est souvent acceptée, car elle correspond à un travail déjà livré.

Le solde : là où tout se joue

L'acompte sécurise le début, mais c'est le solde qui tarde le plus souvent : une fois le travail livré, la prestation passe au second plan chez le client. La parade est de relancer tôt et régulièrement : un rappel quelques jours avant l'échéance, une relance le lendemain, puis à J+7 et J+15 avec mention des pénalités. Nos modèles sont disponibles dans le générateur de lettre de relance.

C'est exactement ce que fait PayReminder : vous enregistrez la facture du solde, et la séquence de relances part toute seule, au bon moment et sur le bon ton, et elle s'arrête dès le paiement. Vous gardez votre énergie pour vos projets, pas pour vos relances.

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